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Publié par Éléonore Louvieux

     Le lendemain matin de son arrivée, Jacqueline emmena les enfants à l’école. Steve et Jason allaient dans la même école et Bigue était encore à la maternelle. En la voyant arriver avec les deux aînés, l’enseignant qui tenait également le rôle de directeur de l’école se précipita vers elle. Elle apprit que les deux garçons étaient presque toujours absents. Les messages envoyés restaient sans réponse. Ils avaient essayé d’appeler, d’envoyer des courriers mais cela n’avait pas été suivi d’effet. Ils avaient donc dû faire un signalement pour absentéisme auprès de l’inspection académique et auprès de l’assistante sociale de secteur. Jacqueline hochait la tête et ne parlait que par bribes : « oui.. ; bien sûr…  elle comprenait… mais elle ne pouvait pas faire grand-chose, ils habitaient dans le sud... » Elle serrait les dents tant elle avait honte et n’essaya même pas de défendre Isabella ; cela n’aurait servi à rien de toute façon. Heureusement, les deux garçons n’assistaient pas à la discussion.

     Après avoir accompagné à son tour Bigue, elle rentra et se laissa tomber sur un coin du canapé. Le seul coin qu’elle avait réussi à nettoyer la veille après s’être occupée de la cuisine et de la salle de bain. Isabella était repartie, sans doute chez sa « copine » ou bien pour revoir Steven. Elles n’en avaient pas parlé avant que Jacqueline parte avec les enfants car sa fille n’était pas en grande forme. Il faut dire que la veille, elle était revenue tard. Elle était un peu ivre et avait expliqué qu’après avoir vu Steven, elle était tellement stressée qu’elle avait eu besoin de se changer les idées. Jacqueline n’avait pas posé de questions. Elle n’avait pas besoin qu’Isabella lui en dise plus : en faisant le ménage, elle avait trouvé un peu partout des bouteilles de toutes les tailles, de tous les formats. Bière, vin, préparation toute faite de sangria, de punch… tout ce qui contenait de l’alcool et ne coûtait pas trop cher s’était retrouvé à un moment donné dans cet appartement… Elle comprenait pourquoi Isabella avait tant changé : la jolie jeune fille avait désormais les traits bouffis et la taille épaisse. Elle n’avait pas seulement pris du poids, elle s’était littéralement empâtée.

     Le matin, elle n’avait pas pu s’empêcher malgré tout de faire quelques remarques à Isabella quant à l’état du logement ; celle-ci s’était contentée de lever les yeux au ciel et de soupirer bruyamment, en répétant : « si tu crois que c’est facile, avec trois gosses ! » Alors qu’elle songeait à tout ça et qu’elle sentait les larmes lui monter aux yeux, autant de colère que de tristesse, son téléphone sonna. Elle le sortit du sac : c’était Giuliano. Elle hésita mais jugea préférable de ne pas répondre. Pas dans cet état-là. Il comprendrait tout de suite que quelque chose n’allait pas et cela l’inquiéterait. Elle laissa sonner, se promettant de rappeler dès que cela irait mieux. Ce qu’elle fit un peu plus tard. Cela n’allait pas tellement mieux mais elle avait vraiment envie d’entendre la voix de Giuliano ; et d’avoir des nouvelles de Wayne.

     Isabella ne rentra à nouveau que le soir et sa mère lui demanda comment s’était passée sa journée avec Steven ; elle n’avait pas pu le voir :

« - Mais je te croyais avec lui ! Qu’est-ce que tu as fait, toute la journée dehors ?

- Je suis assez grande pour faire ce que je veux. Je n’ai pas besoin d’une autorisation pour sortir quand même et je n’ai pas de comptes à rendre.

- Je ne te demande pas de me rendre des comptes mais tu aurais pu alors me donner un coup de main pour ranger cet endroit… tu es peut-être assez grande pour faire ce que tu veux mais ce n’est pas une raison pour que je me coltine tout ce travail toute seule !

- Comme d’habitude ! Des reproches ! Moi, je n’ai que ça. Il faut que je pense aux autres tout le temps, à tout le monde ; mais qui pense à moi ? Hein ? Qui s’occupe de moi ? »

     Jacqueline ne répondit pas. C’était inutile. Elle prit un somnifère car malgré ses journées de nettoyage, elle ne réussissait pas à dormir depuis qu’elle était arrivée et elle s’allongea sur le canapé. Elle avait fini de le nettoyer et elle allait pouvoir dormir allongée. Le lendemain, elle s’éveilla difficilement. Elle prit conscience après quelques secondes qu’il faisait grand jour. Elle regarda son téléphone ; elle l'avait programmé pour qu’il sonne à 7 h 00 et il affichait 10 h 00. Il avait dû sonner sans qu’elle l’entende. Ce n’était pas une première ; les enfants eux-mêmes, dont les matelas étaient rangés à côté du canapé n’avaient apparemment rien entendu car ils dormaient aussi à poings fermés. Elle se leva et se rendit dans la chambre ; Isabella dormait sur son lit, à moitié habillée. Elle vit qu’il y avait une bouteille ouverte à côté du lit ; elle avait dû boire avant de s’endormir. Elle regarda sans broncher la bouteille quelques instants, voulait la prendre et vider ce qui restait dans l’évier mais une partie d’elle se disait que cela ne sevrait à rien. Elle avait jeté la totalité de toutes les bouteilles vides qu’elle avait trouvées la veille et cela n’avait pas été une mince affaire. Elle n’en avait pas trouvé de pleines mais elle se doutait bien qu’Isabella en avait « planqué » une ou deux. Elle ne s’était pas trompée.

     Elle commença à préparer le petit déjeuner des enfants ; heureusement qu’elle était allée faire des courses le premier jour car il n’y avait rien dans la cuisine pour permettre de faire un petit déjeuner correct. Les enfants se contentaient en règle générale de biscuits dont les paquets ouverts traînaient ça et là. Jason se leva le premier et vint la rejoindre. Il était trop tard pour les emmener à l’école le matin ; elle les emmènerait au moins l’après-midi. Elle rougit en pensant qu'elle n’avait pas fini d’avoir honte face au directeur et cette fois, ce serait de sa faute. Pendant qu’elle s’activait dans la cuisine, on sonna. Elle demanda à Jason d’aller voir ce que c’était mais il revint presque immédiatement la chercher : il ne savait pas quoi dire. C’était une assistante sociale, accompagnée d’un homme dont Jacqueline ne comprit bien ni le nom ni le rôle. En entendant l’expression « assistante sociale » un flot de sang lui était monté aux oreilles et semblait ne plus pouvoir se déplacer.

     Elle les fit entrer et, à la question posée par la visiteuse, elle répondit qu’elle était la mère d’Isabella mais que celle-ci dormait parce qu’elle ne se sentait pas très bien la veille ; elle devait avoir un peu de fièvre. La jeune femme regarda Jason, qui s’était coincé derrière Jacqueline :

« - Comment tu t’appelles ?

- Jason, répondit-il à voix basse, tout en regardant Jacqueline.

- Et toi ? demanda-t-elle à l’aîné.

- Steve.

- Pas le nom de ton père ; le tien.

- C’est mon nom. C’est presque comme celui de papa.

- Et toi ? interrogea-t-elle enfin Bigue qui n’avait pas bougé et continuait de manger un bout de pain tout en ne perdant pas un instant de la scène.

- Bigue.

- Pas ton surnom, dit-elle – visiblement surprise que les parents parlent l’anglais -. Ton vrai nom.

- C’est mon vrai nom. Ça n’existe pas les faux noms. »

Jacqueline intervint :

« - Il s’appelle Rex, mais ma fille voulait l’appeler Bigue au départ ; ne me demandez pas pourquoi. Le surnom lui est resté.

- Alors je ne m’appelle pas Bigue en vrai ? C’est vraiment un nom pour de faux ?

- Non, mon chéri, répondit doucement Jacqueline. Ce n’est pas vraiment un faux nom ; ton vrai prénom, c’est Rex.

- Alors pourquoi toi aussi tu m’appelles Bigue ?

- Parce que… - elle regarda la jeune femme qui s’impatientait – ce serait trop long à expliquer. »

Bigue haussa les épaules et prit le parti de retourner vers la cuisine. L’assistante sociale demanda aux enfants pourquoi ils n’étaient pas à l’école.

« - Parce que Mamie ne s’est pas réveillée, répondit Jason.

- C’est fréquent ?

- C’est la première fois avec Mamie, intervint Steve.

- Et depuis quand Mamie est ici ?

- Deux jours, ajouta Jason »

Jacqueline se sentit une fois de plus rougir jusqu’aux oreilles et la jeune femme la regarda d’un air soupçonneux. Elle se retourna néanmoins vers l’aîné :

« - Et quand Mamie n’est pas ici ? Les autres fois, qui vous emmène ?

- Quand il n’y a que maman ? - elle fit un signe affirmatif de la tête – avec maman, on n’y va jamais. Ou presque. Elle se réveille pas à l’heure. Alors, elle nous réveille pas à l’heure.

- Elle se réveille à quelle heure, maman ? En général ?

- Ça dépend des fois… ça dépend si elle a eu besoin de se lâcher le soir.

- Se lâcher ?

- Si elle a eu des soucis. Quand elle a des soucis, elle a besoin de se lâcher.

- Et elle a souvent des soucis ? (Hochement de tête des deux aînés) Et qu’est-ce qu’elle fait pour se lâcher ?

- Elle boit des trucs qui puent. »

     Jacqueline était devenu tel un coquelicot et ne savait plus que répondre. Isabella choisit ce moment précis pour se joindre au groupe et demanda ce qui se passait. L’assistante sociale déclina à nouveau son identité et son rôle ainsi que ceux de son collègue. Jacqueline ne comprit pas mieux qui il était, mais cette fois, c’était surtout parce qu’elle ne réussissait pas à reprendre vraiment ses esprits. Elle n’aurait jamais pensé assister un jour à une telle scène… et encore moins en faire partie. Elle n’avait qu’une envie : prendre son sac et partir sur le champ ; refermer la porte derrière elle et faire comme si elle ne savait pas ce qui se passait dans cet appartement. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas laisser comme cela les trois garçons dont les regards allaient d’un adulte à l’autre. Et elle ne savait plus ce qu’elle devait faire, dire ou même penser.

     La jeune femme expliqua à Isabella qu’il y avait eu plusieurs signalements : les enfants n’allaient pas à l’école, on parlait de leur « état ». Isabella avait également du mal à reprendre ses esprits et on voyait que les brumes de l’alcool ingurgité la veille n’étaient pas sur le point de se lever. Elle ne répondait pas et se contentait de hochements de tête. L’assistante sociale finit par demander à Jacqueline si elle pensait vivre avec eux désormais :

« - Non, non. Je ne dois rester que quelques jours. Je suis venue aider un peu Isabella avec les enfants, parce que comme Steven... »

     Elle s’interrompit et se mordit les lèvres ; ce n’était sans doute pas une bonne idée de parler de Steven en ce moment. Mais la jeune femme lui fit comprendre qu’elle savait de quoi il était question et que c’était une raison supplémentaire à sa venue.

« - Donc vous ne pensez pas rester…

- Seulement quelques jours. Mon mari a eu un AVC, il y a peu et je ne peux pas le laisser seul très longtemps. Il est encore très affaibli et n’a pas complètement récupéré.

- Oui, mais moi, ce n’est pas gênant de me laisser toute seule… Il faudrait peut-être que je fasse un AVC moi-aussi. Peut-être qu’on s’inquiéterait de moi alors… »

     Jacqueline était sur le point de lui rétorquer qu’elle semblait aller mieux et qu’elle s’était finalement réveillée mais elle n’eut pas le temps de répondre. La jeune assistante sociale intervint pour dire à Jacqueline qu’elle comprenait. Et en effet, elle semblait tout comprendre : pourquoi les enfants étaient allés à l’école la veille, pourquoi une partie de l’appartement était propre alors que l’autre était dans un état répugnant… Elle annonça à Isabella que la situation était problématique avec les enfants : elle ne semblait pas être en mesure d’assumer ses responsabilités et des mesures allaient donc être prises. Elle dit au revoir aux enfants qui répondirent sans sourciller, salua Jacqueline d’une poignée de main puis Isabella, qui refusa la main tendue et se contenta de lui tourner le dos. L’homme la suivit après avoir également salué Jacqueline et les enfants.

 

     Jacqueline resta silencieuse, attendant qu’Isabella réagisse. Mais celle-ci n’en semblait pas capable. Et la mère regardait sa fille, comme si elle ne l’avait jamais vue, comme si elle ne la connaissait pas. Non, ce n’était pas seulement une impression ; elle ne la connaissait pas et ne l’avait jamais vraiment connue. Elle ne sentait aucun lien l’attacher à sa fille. Isabella s’était laissé tomber sur le canapé. Elle avait une trentaine d’années et on lui en donnait dix de plus. Elle était presque méconnaissable.

     Quelques jours après, Jacqueline repartit. Elle savait que les choses allaient mal pour Steven. Il allait être condamné à de la prison puisqu’on avait découvert qu’en plus de faire un trafic louche de voitures volées, il utilisait lesdites voitures pour transporter du cannabis. Isabella avait été interrogée sur la question. On la soupçonnait d’être au courant. Elle devait bien savoir ce que faisait Steven pour gagner de quoi faire « bouillir la marmite ». Elle nia tout en bloc, disant qu’elle ne savait rien des « histoires » de Steven. Ce n’était pas son problème, ils n’étaient pas mariés, comme elle ne cessait de le répéter.

     Les policiers la crurent-ils ou non ? Sans doute prirent-ils en considération le fait qu’elle avait trois enfants dont il faudrait s’occuper. Jacqueline de son côté ne croyait pas les affirmations de sa fille. Elle était certaine qu’Isabella savait ce que faisait Steven et qu’elle fermait les yeux ; pour éviter les disputes ? parce que cela rapportait plus que son simple travail ? parce qu’elle s’en moquait ?

     Elle décida néanmoins de repartir. Giuliano lui semblait de plus en plus fatigué quand elle lui parlait ; et elle sentait bien qu’il ne voulait pas demander de l’aide à Marco et Sarah. Elle les avait appelés et ils s’étaient montrés rassurants – Marco était même passé le voir – mais elle savait que Giuliano ne lui demanderait rien. Elle ne voulait prendre aucun risque avec la santé de son mari, aussi décida-t-elle de ne pas prolonger son séjour chez sa fille. Quand elle annonça à Isabella qu’elle partirait comme prévu le lendemain, celle-ci se mit à pleurer en lui disant qu’on la laissait tomber « une fois de plus ».

« - Une fois de plus ?

- Oui ; et qui va emmener les enfants à l’école ?

- Mais toi, ma chérie. Ce sont bien tes enfants, non ?

- Et tu crois que je n’ai que ça à faire ? Avec Steven qui s’est fait prendre ? Avec toutes les démarches que je vais devoir faire pour lui ?

- Steven n’avait qu’à se tenir tranquille et il ne serait pas dans cette situation. Et de toute façon, je ne peux pas rester. Ton père m’inquiète. Il a besoin de moi.

- Et évidemment, il passe avant, c’est ça ?

- Évidemment, comme tu le dis. Il passe avant et je ne vois pas pourquoi il en serait autrement. »

     Isabella ne lui adressa plus la parole jusqu’à son départ. Elle ne daigna pas non plus lui dire au revoir autrement que par un signe de la main quand elle la vit passer le seuil de la porte. Jacqueline quitta sans regret sa fille, mais partit avec beaucoup de remords à l’idée de laisser les trois garçons. Quand elle passa la porte avec sa valise, Bigue pour la première fois, se colla à elle en pleurant, hurlant qu’il ne voulait pas qu’elle s’en aille. Les deux aînés pleuraient dans leur coin. Ils avaient aussi de leur côté essayé de la convaincre de rester mais que pouvait-elle faire ?

     Quelques jours après son retour auprès de Giuliano, elle reçut un coup de téléphone. C’était l’assistante sociale qui la prévenait que les deux aînés allaient être placés en famille d’accueil sauf si les grands-parents pouvaient les prendre. Les parents de Steven ne voulaient pas en entendre parler et elle voulait savoir ce qu’il en était pour eux. Jacqueline remercia le ciel alors que Giuliano soit dans la salle de bain au moment où elle avait décroché. Elle répondit alors qu’ils ne pouvaient pas les prendre chez eux. Leur logement était bien trop petit pour accueillir deux enfants de cet âge et elle ne pourrait pas s’occuper d’eux comme il le fallait, en plus de l’attention qu’elle devait donner à Giuliano. Elle l’avait trouvé si fatigué à son arrivée ; il lui avait semblé si mal qu’elle s’en était voulu de l’avoir laissé. Pour elle, c’était clair : elle ne voulait rien lui imposer qui puisse avoir des conséquences sur son état de santé. Elle s’était juré de ne plus partir en le laissant seul pendant plusieurs jours ; comme elle l’avait dit à Isabella, c’était une évidence pour elle de s’occuper de lui.

     Jacqueline demanda si les enfants pourraient rester dans la même école et fut soulagée d’apprendre que tout serait fait pour qu’ils ne soient pas trop « perturbés » dans leurs habitudes ; au moins, ils ne seraient pas séparés et pourraient rester ensemble. Elle demanda alors ce qui allait se passer pour Bigue. Lui restait avec sa mère. On avait jugé qu’il était trop jeune pour être séparé d’elle et que cela lui ferait plus de mal que de bien d’être mis en famille d’accueil. En outre, personne ne pourrait prendre les trois en même temps. Jacqueline s’excusa à nouveau en réitérant son refus de prendre ses deux petits-fils. L’assistante sociale voulut se montrer rassurante, lui disant qu’elle la tiendrait au courant ; « Cela s’arrangera, avait-elle conclu ».

     En raccrochant, Jacqueline murmura pour elle-même « Quand ? Depuis sa naissance c’est de mal en pis. Je ne vois vraiment pas comment cela pourrait s’arranger…

- C’était le téléphone ? » Giuliano sortait de la salle de bain. 

     Elle fit un signe de la tête. Elle ne voulait pas lui en parler pour le moment. Elle lui raconterait tout cela un peu plus tard, elle aurait le temps de le préparer, même si elle ne voyait pas comment s’y prendre.

« - Qui ?

- Isabella.

- Qu’est-ce qui se passe encore ?

- Rien. Rien de grave. Pas de nouveau, ne t’inquiète pas.

- Oh avec elle, il faut toujours s’attendre à tout. Depuis qu’elle est née, c’est de pire en pire... »

Il lui embrassa le nez pendant qu’elle répondait à mi-voix : « je sais, je sais... »

 

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